« ALPHA » ne fait pas l’unanimité
Nous avons encore tous en tête la Palme d’or 2021, « Titane », qui avait fait polémique, notamment à cause des scènes gores. Cette année, elle revient avec « Alpha » une œuvre qui ne fait pas l’unanimité. A Cannes, Thibaut Demeyer et Brigitte Lepage.
Débuter une carrière artistique, ici de cinéaste, avec deux œuvres qui ont fait sensation, est en fait une arme à double tranchant. En effet, comme dit l’adage « jamais deux sans trois ». On en attendait donc beaucoup de ce troisième long métrage de Julia Ducournau. A l’arrivée, la réalisatrice estampillée « génie de la nouvelle génération du 7e art » est en définitive une réalisatrice qui ne se situe pas au-dessus du lot.

La réalisatrice a toujours crié haut et fort que ses films étaient des films d’amour même s’ils étaient gores, surtout « Grave ». Avec « Alpha », celui qui a raté le message d’amour qu’elle fait passer, est certainement le spectateur qui a dormi durant toute la projection tant Julia Ducournau a martelé le thème dans chacune de ses scènes. « Je voulais faire ressentir ce que pourrait être un trauma qui se transférait de génération en génération à partir du moment où la douleur n’était pas digérée, ou le deuil n’avait pas été fait, où la mort est devenue quelque chose de tabou» a déclaré Julia lors de la conférence de presse.
Une fois encore, la lauréate 2021 nous surprend, mais avec une œuvre tellement conventionnelle que l’on a du mal à croire que c’est la même réalisatrice de la Palme d’or 2021 ! En cause, un scénario peu fouillé et tellement prévisible, doté d’artifices comme les effets miroirs pour brouiller les pistes entre les protagonistes, que ce soit la fille ou la mère. On y perd donc un peu notre latin.

En revanche, le film est très soigné, que ce soit par la qualité de l’image ou dans la façon de filmer. On est également séduit par la qualité d’interprétation de Tahar Rahim qui a dû perdre pas moins de 20 kg pour que son personnage soit crédible. « Vivre à travers ce personnage a été quelque chose de très fort. Ce que j’ai aimé en tant qu’expérience d’acteur, vous ne connaissez un réalisateur qu’au moment où vous commencez à tourner et j’avais ce pressentiment que nous parlerions la même langue, que nous aurions les mêmes vibrations » a confié Tahar Rahim. « Il avait intégré dans son fort intérieur ses regards, ses gestes et pas que son texte ; et au court de ces trois mois de préparation, je l’ai vu devenir le personnage qu’il a interprété et cela était très spectaculaire » a ajouté Julia Ducournau.
Mais hélas, pour faire un bon film, il faut plus qu’une bonne interprétation, de belles images. Il faut un scénario solide ce qui manque cruellement à « Alpha ».
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